Pourquoi mes pensées prennent-elles autant de place?

Il y a une voix que nous entendons du matin au soir.

Notre langage intérieur.

Les mots que nous nous adressons à nous-mêmes.
Les conclusions que nous tirons sur notre vie.
La manière dont nous interprétons ce qui nous arrive.

Je n’y arriverai jamais.

Rien ne changera.

Pourquoi cela m’arrive-t-il encore ?

Et si demain était pire ?

Dieu m’a-t-il oubliée ?

Certaines pensées reviennent tellement souvent que nous finissons par ne plus les questionner.

Elles deviennent familières.

Puis, parfois, elles deviennent des certitudes.

Pourtant, une pensée n’est pas une vérité simplement parce qu’elle revient souvent.

Alors une question mérite d’être posée :

À partir de quoi suis-je en train de penser ?

De ce que je vois ?

De ce que j’ai vécu ?

De ce que je crains ?

Ou de Christ ?

Nos pensées finissent par orienter notre regard

Notre cerveau possède une capacité remarquable d’adaptation. Par l’apprentissage et la répétition, certaines manières de penser et de réagir peuvent devenir plus familières, presque automatiques.

Notre histoire participe aussi à la construction de ces chemins intérieurs.

Une succession de déceptions peut nous conduire à anticiper systématiquement le pire.

Une blessure peut nous rendre particulièrement sensibles à certaines situations.

Une parole entendue autrefois peut continuer à influencer notre manière de nous percevoir ou d’interpréter les événements.

Nous ne regardons alors plus seulement ce qui se passe.

Nous le regardons à travers ce que nous avons appris à penser.

Et lorsque ces pensées deviennent défaitistes, notre monde peut progressivement se rétrécir autour de ce qui ne va pas.

Le problème prend toute la place.

L’attente devient interminable.

L’échec passé semble annoncer le prochain.

Et ce que nous voyons finit par devenir plus grand dans notre esprit que ce que nous savons de Dieu.

Ce que j’observe aussi en médecine

Dans ma pratique médicale, je rencontre notamment des personnes qui reprennent leur travail après une longue maladie.

Deux personnes peuvent avoir traversé des diagnostics comparables et pourtant aborder cette étape de manière très différente.

Bien sûr, leur situation ne dépend pas seulement de leurs pensées. La maladie, les éventuelles séquelles, les traitements, l’environnement professionnel, le soutien reçu et bien d’autres facteurs interviennent.

Mais j’observe aussi combien la manière de penser la maladie et l’avenir peut influencer la façon d’aborder l’après-maladie.

L’une reste très préoccupée par ce qui pourrait encore arriver :

Et si je n’y arrivais plus ?

Et si je rechutais ?

Je ne serai plus jamais comme avant.

Une autre, malgré des incertitudes parfois similaires, commence progressivement à regarder ce qui reste possible :

Comment puis-je reprendre ?

Qu’est-ce que je peux reconstruire autrement ?

Quelle nouvelle étape s’ouvre maintenant devant moi ?

La réalité médicale n’a pas disparu.

Les limites éventuelles non plus.

Mais la circonstance n’occupe pas la même place dans leur manière d’envisager l’avenir.

La foi ne consiste évidemment pas davantage à nier un diagnostic, une difficulté ou une souffrance.

Mais cette réalité médicale me rappelle une vérité importante pour notre vie intérieure :

nous pouvons traverser une réalité sans lui donner toute autorité sur notre avenir.

Et si nous apprenions à penser à partir d’en haut ?

La Parole nous propose un déplacement encore plus profond.

« Cherchez les choses d’en haut, où Christ est assis à la droite de Dieu. Affectionnez-vous aux choses d’en haut, et non à celles qui sont sur la terre. »
— Colossiens 3.1-2

Paul ne nous demande pas de nier ce qui se passe sur terre.

Il nous invite à changer le lieu depuis lequel nous le regardons.

Nous pouvons penser uniquement à partir de nos circonstances.

Ou apprendre à penser à partir de Christ.

La circonstance dit :

Je ne vois aucune issue.

Mais la foi se souvient :

Dieu n’est pas limité par ce que je vois.

Le passé dit :

Cela s’est déjà mal terminé.

Mais la foi répond :

Ce qui s’est produit hier ne détermine pas tout ce que Dieu peut encore faire demain.

La peur dit :

Je suis seule devant cette situation.

Mais une autre réalité existe :

« Christ est mort ; bien plus, il est ressuscité, il est à la droite de Dieu, et il intercède pour nous ! »
— Romains 8.34

Voilà ce que nos pensées oublient parfois.

Christ règne.

Et pendant que nous cherchons comment nous allons nous en sortir, Christ intercède pour nous.

Notre vie ne se déroule pas seulement dans les circonstances visibles.

Elle demeure sous le regard et la souveraineté de Dieu.

La lumière remet nos circonstances à leur juste place

La lumière du Christ ne vient donc pas simplement nous apprendre à avoir des pensées plus agréables.

Elle nous révèle une réalité plus haute que celle qui occupait tout notre champ de vision.

C’est cela qui distingue le renouvellement de l’intelligence de la simple pensée positive.

Je ne dis pas :

Tout va bien.

Je peux reconnaître :

Cette situation est réellement difficile.

Mais j’ajoute :

Elle n’est pas au-dessus de Dieu.

Je peux reconnaître :

Je ne sais pas comment cela va se terminer.

Sans conclure :

Il n’y a aucune issue.

Je peux dire :

Cette attente est longue.

Sans décider :

Dieu m’a oubliée.

Je peux regarder mon passé sans lui permettre de prophétiser sur mon avenir.

La lumière ne nie pas la réalité. Elle remet la réalité sous le règne de Christ.

Ne laisse pas l’ancien décider de ce que Dieu peut encore faire

Nos pensées aiment parfois revenir vers ce qui a déjà été.

Ce qui n’a pas fonctionné.

La porte qui s’est fermée.

La relation qui nous a blessées.

L’occasion perdue.

La saison que nous aurions voulu vivre autrement.

Et à force de regarder derrière nous, nous pouvons finir par attendre de demain qu’il reproduise hier.

Mais Dieu dit :

« Ne pensez plus aux événements passés, et ne considérez plus ce qui est ancien. Voici, je vais faire une chose nouvelle. »
— Ésaïe 43.18-19

Quelle invitation pour notre pensée !

Dieu ne nous demande pas d’effacer notre histoire.

Il nous demande de ne pas emprisonner notre avenir dans ce que nous avons déjà connu.

Il peut encore faire nouveau.

Une route peut apparaître là où nous n’en voyons aucune.

Une saison peut changer.

Une manière de penser peut être renouvelée.

Une histoire qui nous semblait figée peut encore recevoir des pages que nous ne connaissons pas.

Le passé raconte ce qui a été. Il ne possède pas la souveraineté sur ce qui sera.

Lorsque la pensée revient, lève les yeux

Alors, que faire lorsqu’une pensée défaitiste revient encore ?

Peut-être ne faut-il pas toujours entrer dans une longue discussion avec elle.

Parfois, il faut simplement reconnaître :

Mon regard est redescendu.

Et le relever.

Seigneur, qu’est-ce que je suis en train de croire ?

Est-ce la vérité ou la peur qui parle ?

Où es-tu dans ma manière de regarder cette situation ?

Puis revenir à ce qui demeure vrai :

Christ règne.

Christ intercède pour moi.

Dieu reste souverain.

Ce que je vois aujourd’hui n’est pas tout ce que Dieu peut faire.

Mon passé n’est pas mon prophète.

Dieu peut encore faire une chose nouvelle.

C’est ainsi que la lumière commence à renouveler notre intelligence.

Non pas nécessairement parce que nos circonstances changent immédiatement.

Mais parce que nous ne les regardons plus depuis le même endroit.

Porte tes regards plus haut

Peut-être que certaines pensées ont pris tellement de place parce que notre regard est resté trop longtemps fixé sur la même chose.

Le problème.

L’attente.

La perte.

Le diagnostic.

L’échec.

Ce qui n’a pas changé.

La lumière du Christ nous invite à regarder plus haut.

Vers Celui qui était là avant cette circonstance et qui demeurera lorsqu’elle sera passée.

Vers Celui qui règne lorsque nous ne comprenons pas.

Vers Celui qui intercède lorsque nous ne savons même plus comment prier.

Vers Celui qui voit déjà ce que nous ne voyons pas encore.

Alors, lorsque tes pensées recommencent à tourner en boucle, ne cherche pas seulement à les faire taire.

Change la direction de ton regard.

« Je lève mes yeux vers les montagnes… D’où me viendra le secours ? Le secours me vient de l’Éternel. »
— Psaume 121.1-2

La lumière ne change pas seulement ce que nous pensons.

Elle nous rappelle vers qui regarder.

Et lorsque Christ reprend la première place dans notre regard, nos circonstances peuvent être encore présentes…

mais elles ne sont plus sur le trône.

Tu es un parfum,

Jemima

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Pourquoi ai-je parfois l’impression de ne plus savoir qui je suis ?