Mon environnement doit-il déterminer la personne que je deviens ?

Nous ne choisissons pas toujours l’atmosphère dans laquelle nous devons vivre. Mais nous pouvons choisir la source à laquelle nous restons attachées. Et si, au lieu de laisser notre environnement nous définir, nous découvrions que nous portons en Christ un parfum capable, dans la durée, de laisser lui aussi une empreinte ?

Il suffit parfois d’une odeur.

Quelques secondes, et nous voilà ramenées plusieurs années en arrière.

Le parfum que portait notre mère. L’odeur d’une maison de notre enfance. Une fragrance associée à une personne ou à une saison particulière de notre vie.

Ce phénomène est bien connu : l’odorat entretient des liens étroits avec les mécanismes cérébraux impliqués dans la mémoire et les émotions. Certaines odeurs peuvent ainsi faire ressurgir des souvenirs autobiographiques particulièrement vivaces.

Le parfum possède donc une caractéristique fascinante :

il peut laisser une trace longtemps après que sa source a quitté la pièce.

Certaines présences humaines aussi.

Des années après avoir côtoyé une personne, nous pouvons encore nous souvenir de ce que nous ressentions auprès d’elle.

Paix. Sécurité. Encouragement.

Ou parfois tension, peur, instabilité.

Nous sommes influencées par les environnements dans lesquels nous vivons.

Mais sommes-nous condamnées à devenir le reflet de leur atmosphère ?

Quand notre environnement finit par entrer en nous

Certains environnements difficiles ne sont pas passagers.

Un mariage peut traverser des années de tensions.

Une femme peut travailler longtemps dans un milieu professionnel pesant.

Une famille peut vivre avec la maladie chronique d’un de ses membres.

Une mère peut accompagner pendant des années un enfant dont le parcours reste difficile ou incertain.

Nous pouvons alors finir par transporter intérieurement ce que nous côtoyons quotidiennement.

Une parole blessante continue de vivre dans nos pensées.

L’inquiétude devient notre langage intérieur.

Nous anticipons constamment la prochaine difficulté.

Et progressivement, ce qui était d’abord autour de nous commence à s’installer en nous.

Cela ne signifie pas que nous soyons responsables de l’environnement difficile que nous traversons.

Mais cela pose une question essentielle :

À quoi vais-je permettre de définir ce qui se forme en moi ?

« Ton nom est un parfum qui se répand »

Le Cantique des Cantiques contient cette magnifique expression :

« Ton nom est un parfum qui se répand. »
Cantique des Cantiques 1:3

Dans l’univers biblique, le parfum évoque quelque chose qui se répand, qui devient perceptible, qui laisse une trace.

Et lorsque nous arrivons au Nouveau Testament, Paul utilise une image étonnamment proche pour parler de notre identité en Christ :

« Nous sommes, en effet, pour Dieu le parfum de Christ. »
2 Corinthiens 2:15

Remarquons les mots.

Il ne dit pas : Essayez de devenir le parfum de Christ.

Il dit : Nous sommes le parfum de Christ.

C’est une identité.

Nous appartenons à Celui dont le nom est comme un parfum qui se répand.

La question devient alors :

Dans un environnement qui exerce son influence sur moi, est-ce que je reste suffisamment attachée à Christ pour que ce soit aussi quelque chose de Lui qui se répande à travers ma vie ?

Ce qui demeure en nous finit par se répandre

Notre atmosphère extérieure commence souvent dans notre monde intérieur.

Nos pensées.

Notre langage intérieur.

Ce que nous méditons.

Les conversations que nous rejouons.

Notre manière d’interpréter les événements.

Notre façon d’aborder les crises.

Voilà pourquoi la Bible nous dit :

« Garde ton cœur plus que toute autre chose, car de lui viennent les sources de la vie. »
Proverbes 4:23

Une pensée entretenue influence une parole.

Une parole répétée influence une relation.

Une manière habituelle d’aborder les difficultés finit par caractériser notre présence.

La psychologie observe elle aussi que, dans les interactions humaines, les états émotionnels et les comportements peuvent se transmettre ou s’influencer : le ton de la voix, les expressions, les attitudes et les réactions participent à l’atmosphère relationnelle.

Nous sommes donc influencées par notre environnement.

Mais nous contribuons également à l’influencer.

Et cette influence devient particulièrement profonde lorsqu’elle s’inscrit dans la durée.

Le parfum vient de la demeure

C’est ici que la Porte du parfum rejoint la Porte de la demeure.

Jésus dit :

« Celui qui demeure en moi et en qui je demeure porte beaucoup de fruit. »
Jean 15:5

Le sarment ne fabrique pas sa vie.

Il demeure attaché au cep.

De la même manière, nous n’avons pas à fabriquer artificiellement le parfum de Christ.

Nous le portons parce que nous Lui appartenons.

Mais ce que nous laissons continuellement occuper notre monde intérieur influence la manière dont cette identité devient visible dans notre vie.

La peur peut prendre beaucoup de place.

L’amertume aussi.

La colère.

La comparaison.

Les paroles blessantes que nous continuons à ruminer.

Voilà pourquoi demeurer est essentiel.

La demeure ne crée pas notre identité. Elle permet à notre vie de rester alignée avec elle.

Ce que nous recevons continuellement de la Source finit alors par devenir perceptible.

Le fruit de l’Esprit peut devenir une atmosphère

Paul décrit le fruit de l’Esprit :

« L’amour, la joie, la paix, la patience, la bonté, la bienveillance, la fidélité, la douceur, la maîtrise de soi. »
Galates 5:22-23

Imaginons ces qualités non pas pendant une journée, mais pendant des années.

Une mère qui apprend à construire une atmosphère de paix dans sa maison.

Une femme qui refuse de laisser l’amertume définir sa manière d’aimer.

Une autre qui accompagne longtemps un proche malade avec dignité et fidélité.

Une responsable qui construit autour d’elle une culture de respect plutôt que de peur.

Une femme qui traverse ses propres crises sans permettre à chacune d’elles de décider de la personne qu’elle deviendra.

Ce ne sont pas des gestes spectaculaires.

Mais répétés dans le temps, ils construisent quelque chose.

Le fruit de l’Esprit devient progressivement le parfum d’une vie qui demeure.

Et nous découvrons alors un renversement important :

Nous nous demandions :

« Qu’est-ce que mon environnement est en train de faire de moi ? »

Mais une autre question apparaît :

« Qu’est-ce que la présence de Christ en moi peut progressivement apporter à cet environnement ? »

Non pas parce que nous pouvons contrôler les autres.

Non pas parce que nous avons la responsabilité de réparer seules notre famille, notre couple ou notre lieu de travail.

Mais parce que nous pouvons choisir la source à laquelle nous restons attachées.

Quel parfum restera ?

Nous pensons souvent à notre influence en termes de réalisations.

Ce que nous aurons construit.

Réussi.

Possédé.

Mais il existe une autre forme d’héritage :

ce que les autres auront respiré auprès de nous.

Que restera-t-il dans la mémoire de nos enfants ?

Quelle atmosphère aurons-nous contribué à construire dans notre maison ?

Que retiendront nos collègues de notre manière de traverser les difficultés ?

Qu’aura reçu cette personne malade que nous avons accompagnée pendant des années ?

Nous ne choisissons pas toutes nos circonstances.

Nous ne pouvons pas changer toutes les personnes.

Et certains environnements difficiles peuvent durer.

Mais ils n’ont pas nécessairement le dernier mot sur la personne que nous devenons.

Car nous pouvons demeurer attachées à une autre Source.

Et progressivement, quelque chose se renverse :

nous ne sommes plus seulement influencées par l’atmosphère dans laquelle nous vivons ; ce que Christ forme en nous commence aussi à laisser son empreinte autour de nous.

Son nom est comme un parfum qui se répand.

Et en Lui,

nous sommes le parfum de Christ !

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