Y a-t-il une clé pour rester en paix quand tout s’agite autour de nous ?
Certaines tempêtes durent quelques heures. D’autres traversent des années de notre vie. Pourtant, les circonstances que nous traversons n’annulent ni notre identité ni le dessein de Dieu. Jésus nous donne une clé étonnamment simple : demeurer en Lui.
Il y a, en médecine, un moment particulièrement inconfortable : celui où l’examen a été réalisé, mais où le résultat n’est pas encore disponible.
Il y a des tempêtes qui arrivent brusquement.
Et puis il y a celles qui s’installent.
Cette attente d’un enfant qui dure depuis plusieurs années.
Ce mariage dans lequel on espère encore une restauration.
Cet enfant pour lequel on prie et dont l’avenir devient inquiétant.
Cette vie professionnelle qui ne ressemble plus à ce que l’on avait imaginé.
Ce diagnostic difficile qui vient bouleverser les projets.
Cette guérison espérée, pour laquelle on prie, mais qui se fait attendre.
Dans ces saisons-là, la question n’est plus seulement :
Comment retrouver mon calme ?
Elle devient :
Comment continuer à avancer, à croire et même à porter du fruit quand une partie importante de ma vie demeure incertaine ?
Jésus nous donne peut-être une clé :
« Demeurez en moi, et je demeurerai en vous. »
(Jean 15:4)
La tempête ne change pas la destination
Un jour, Jésus dit à ses disciples :
« Passons à l’autre bord du lac. »
(Marc 4:35)
Ils montent dans la barque.
Puis la tempête arrive.
Le vent devient violent. Les vagues remplissent la barque. Les disciples pensent qu’ils vont mourir.
Mais quelque chose n’a pas changé.
Jésus avait dit :
« Passons à l’autre bord. »
La tempête était réelle. Le danger était réel. Mais la parole prononcée avant la tempête n’avait pas changé.
Nous faisons parfois l’erreur d’interpréter tout le plan de Dieu à partir de l’état actuel de notre barque.
Si mon mariage traverse cela…
Si cet enfant échoue encore…
Si cette porte professionnelle reste fermée…
Si ce diagnostic vient bouleverser mes projets…
Si cette guérison tarde encore…
Si cette attente dure autant…
Nous finissons par redéfinir toute notre histoire à partir d’une saison.
Pourtant, une circonstance, même longue, ne possède pas à elle seule le pouvoir de redéfinir ce que Dieu a dit.
La tempête peut modifier les conditions du voyage.
Elle ne change pas nécessairement la destination.
Demeurer commence par savoir qui nous sommes
Avant d’être une pratique, demeurer procède d’une conscience.
Je ne suis pas seulement une femme définie par ce qui lui arrive.
Je suis un être créé par Dieu, appelé à vivre en relation avec Lui et à marcher dans les œuvres qu’Il a préparées.
« Nous sommes son ouvrage, ayant été créés en Jésus-Christ pour de bonnes œuvres, que Dieu a préparées d’avance. »
(Éphésiens 2:10)
Une femme n’est donc pas seulement « celle qui attend encore de se marier »,
« celle qui n’a pas eu d’enfant », « celle dont le mariage est difficile » ou « la mère de cet enfant qui échoue »
Elle n’est pas davantage son diagnostic, son parcours de soins, son échec professionnel ou la porte qui reste fermée.
Ces réalités peuvent être profondément douloureuses.
Mais elles ne disent pas tout de son identité.
Les circonstances appartiennent à notre histoire. Elles ne constituent pas notre identité.
Demeurer, c’est apprendre à regarder notre existence depuis le dessein de Dieu plutôt que seulement depuis la photographie de notre saison actuelle.
Demeurer, ce n’est pas seulement prier
Jésus utilise une image particulièrement forte :
« Comme le sarment ne peut de lui-même porter du fruit, s’il ne demeure attaché au cep, ainsi vous ne le pouvez non plus, si vous ne demeurez en moi. »
(Jean 15:4)
Le sarment ne visite pas le cep.
Il y demeure.
Voilà pourquoi demeurer va plus loin qu’avoir un temps de prière régulier, même sincère.
Nous pouvons avoir prié le matin et passer ensuite toute la journée à demeurer dans notre inquiétude.
Nous pouvons lire la Bible quotidiennement et laisser pourtant une parole blessante ou une mauvaise nouvelle gouverner nos pensées pendant des heures.
Prier est indispensable. Mais demeurer prolonge la prière dans la manière dont nous habitons le reste de notre journée.
La question devient alors :
Qu’est-ce qui continue à vivre en moi lorsque mon temps de prière est terminé ?
Demeurer, c’est rester sur la Parole
Au moment où Josué doit entrer dans une nouvelle saison de sa vie, Dieu lui donne cette instruction :
« Que ce livre de la loi ne s’éloigne point de ta bouche ; médite-le jour et nuit… car c’est alors que tu auras du succès dans tes entreprises, c’est alors que tu réussiras. »
(Josué 1:8)
Méditer, ce n’est pas seulement lire.
C’est prendre une parole.
La garder.
Y revenir.
La laisser accompagner nos pensées pendant la journée.
Nous savons très bien ruminer nos inquiétudes.
Demeurer nous apprend progressivement à ruminer la Parole.
Une seule parole peut parfois accompagner toute une saison :
« Je suis avec toi. »
« Ne crains pas. »
« Ma grâce te suffit. »
« Passons à l’autre bord. »
Non pour nier ce que nous vivons, mais pour empêcher les circonstances de devenir notre seule source d’interprétation.
Demeurer transforme notre vie
Jésus ne dit pas seulement que celui qui demeure retrouvera la paix.
Il parle de fruit :
« Celui qui demeure en moi et en qui je demeure porte beaucoup de fruit. »
(Jean 15:5)
Voilà pourquoi la demeure dépasse l’apaisement.
À force de demeurer auprès de Dieu, nos pensées se renouvellent, nos réactions changent, nos désirs s’affinent.
Certaines décisions deviennent plus claires.
Certaines directions apparaissent.
Nous apprenons progressivement à distinguer ce qui vient de la peur, de l’impatience ou de notre volonté propre.
Dieu ne nous donne pas seulement des réponses. Il forme en nous la personne capable de porter ce qu’Il prépare.
Le sarment ne lutte pas pour fabriquer son fruit.
Il demeure.
Et la vie du cep produit progressivement quelque chose en lui.
Et si la situation ne change pas demain ?
C’est là que demeurer se distingue d’une technique.
Nous ne demeurons pas trois jours pour obtenir un résultat.
Nous demeurons parce que Christ est notre source.
Certaines saisons durent.
Une femme peut continuer à attendre le mariage.
Une autre à désirer un enfant.
Une autre peut traverser un mariage difficile, s’inquiéter pour l’avenir d’un enfant ou voir sa vie professionnelle prendre une direction qu’elle n’avait jamais imaginée.
Une autre encore peut devoir apprendre à avancer avec un diagnostic difficile ou continuer à espérer une guérison qui tarde.
Demeurer ne signifie pas que toutes nos circonstances prendront immédiatement la forme que nous souhaitons.
Mais la circonstance n’a pas à interrompre ce que Dieu construit dans notre vie.
Nous pouvons continuer à grandir, servir, discerner, aimer, créer et porter du fruit pendant l’attente.
Josué 1:8 nous rappelle aussi que la marche avec Dieu s’inscrit dans la durée.
Une parole méditée aujourd’hui influence une décision demain.
Une décision alignée en prépare une autre.
Une obéissance ouvre parfois la voie à la suivante.
Progressivement, une trajectoire se construit.
La demeure produit des racines avant de produire des fruits.
Alors, comment rester en paix quand tout s’agite ?
Peut-être la clé n’est-elle pas d’abord de chercher la paix.
Mais de choisir où demeurer.
Lorsque l’avenir devient incertain, reviens à la Parole.
Lorsque les circonstances semblent contredire ton histoire, reviens à ce que Dieu t’a déjà montré.
Lorsque tu ne sais plus quelle direction prendre, demeure suffisamment longtemps pour ne pas décider uniquement sous la pression de l’urgence.
Et souviens-toi de la barque.
Jésus avait dit :
« Passons à l’autre bord. »
La tempête est venue.
Mais sa parole n’avait pas changé.
La paix peut alors naître d’un endroit plus profond :
Je sais à qui j’appartiens.
Je sais où est ma source.
Je ne comprends pas tout ce qui arrive.
Mais je peux continuer à demeurer.
Pour aller plus loin — La Porte de la demeure
La Porte de la demeure, dans le Journal du Parfum intérieur, t’invite à poser une question très simple :
Qu’est-ce qui demeure en moi tout au long de ma journée ?
La peur ? L’attente ? Les circonstances ? Ou la Parole de Dieu ?
Choisis peut-être une parole pour cette saison.
Pas dix.
Une.
Écris-la. Médite-la. Reviens-y pendant la journée. Prie avec elle. Laisse-la accompagner tes décisions.
Et lorsque ton esprit repart ailleurs, reviens.
Encore.
Puis encore.
Car demeurer n’est pas un événement.
C’est rester assez longtemps auprès de la Source pour que sa vie commence à porter du fruit dans la nôtre.